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Partie 2: Les sources de pression

Deuxième article d'une série de 3 articles sur le thème de la pression, du stress et de l'anxiété de performance chez l'athlète. Psychologue sportif, coach mental et préparateur mental.

Avoir conscience de la nature de la pression

Pour pouvoir gérer la pression, vaincre le stress et surmonter l'anxiété de performance, il faut tout d'abord comprendre la nature de la pression elle-même, et surtout être en mesure de la détecter et d'en avoir conscience.

Cultiver la conscience de soi

En psychologie du sport, on sait que pour réussir à exprimer son plein potentiel sous pression, l'athlète doit posséder un niveau de conscience élevé afin de se préparer adéquatement et de s'ajuster à son environnement. Dan Abrahams, psychologue du sport britannique de renom (auteur de Soccer Psychology et animateur de The Sport Psych Show), insiste énormément sur l'idée que les meilleurs athlètes ne sont pas ceux qui ne ressentent rien, mais bien ceux qui possèdent une conscience de soi aiguisée pour identifier rapidement leurs déclencheurs (triggers) de tension et y répondre par des routines adaptées.

Cette notion de conscience de soi a également été popularisée par les travaux de Daniel Goleman sur l'intelligence émotionnelle, qui écrivait :« Connaître ses propres états intérieurs, ses préférences, ses ressources et ses intuitions est la clé de voûte de la maîtrise de soi. »

D’ailleurs, dans les nombreuses rencontres individuelles que j’ai chaque semaine, j’enseigne plusieurs techniques pour développer cette conscience de soi et surtout pour mieux apprivoiser ce qui se passe intérieurement afin de mieux gérer les pensées et les émotions.

Les sources de la pression : externe vs interne

Gilbert Enoka, le célèbre préparateur mental des All Blacks — l'équipe de rugby de la Nouvelle-Zélande, qui détient le ratio victoires/défaites le plus impressionnant de l'histoire du sport mondial — consacre un chapitre complet de son livre publié en 2025, Become Unstoppable, à ce sujet. Il y distingue habilement la pression liée aux circonstances de celle qu'un individu s'impose à lui-même.

Peu importe le niveau auquel vous pratiquez votre sport (récréatif, amateur ou élite), il est fort probable que vous ressentiez ces six grandes sources de pression, divisées en deux catégories :

Les trois sources externes (provenant du contexte et des circonstances)

Les attentes des autres :

C'est une source de pression que j'entends très souvent dans mon bureau. Parfois, c'est un jeune athlète qui craint de décevoir ses parents ou son entraîneur. Parfois, c'est un hockeyeur qui se prépare pour un showcase devant des dépisteurs. Pour un joueur du Canadien, c'est de jouer devant 21 000 spectateurs au Centre Bell. Bien que stimulants, ces contextes sont exigeants à naviguer.

Les conséquences possibles :

Cette source est une grande source de distraction, car l'athlète anticipe sans cesse l'avenir. Pour un jeune joueur de soccer qui tente sa chance à l'Académie de l'Impact, c'est de redouter les répercussions de ne pas faire l'équipe. Pour une joueuse de tennis qui voyage à l'autre bout du monde, c'est la peur de perdre au premier tour. Notre cerveau produisant des dizaines de milliers de pensées par jour, il est tout à fait normal de penser aux conséquences. L'important est d'en prendre conscience pour apprendre à réguler ses pensées et ses émotions. La bonne nouvelle : cela s'entraîne.

L’attention soutenue :

Cette pression génère de l'inconfort lorsqu'il devient difficile pour l'athlète de rester dans sa bulle. Pensez à un joueur du Canadien en séries éliminatoires au printemps, ou encore à une championne cycliste lors des championnats du monde à Montréal. Cette attention constante est aussi ressentie par les jeunes athlètes, amplifiée par l'école ou les réseaux sociaux, et suscite souvent des émotions difficiles à gérer par manque d'outils.

Les trois sources internes (provenant de l'esprit de l'athlète)

Le jugement personnel :

C'est la première source interne. Je rencontre souvent des sportifs dotés de standards extrêmement élevés, qui refusent l'erreur et s'imposent une pression maladive pour atteindre la perfection. Cette attitude nuit directement à l'estime de soi et déclenche une cascade de pensées parasites qui nuisent à la concentration et ouvrent la porte à la panique. (J'aborderai ce sujet en profondeur dans un prochain article.)

Les croyances irrationnelles :

Ces croyances illogiques prennent souvent la forme de scénarios catastrophes : « Si je rate, je ne vaux rien » ou « Si je commets une erreur, je laisse tomber mon équipe ». En s'infligeant une telle pression, l'athlète se tend physiquement au point de ne plus pouvoir exécuter des gestes pourtant maîtrisés à la perfection à l'entraînement.

Les ressentis émotionnels :

Lorsque les attentes et les sources de pression s'accumulent, l'athlète ressent des émotions intenses. Rappelons-nous que les émotions ne se contrôlent pas : elles émergent en une fraction de seconde. Il faut donc d'abord apprendre à les détecter avant de pouvoir les réguler, et tout commence par... la prise de conscience et une meilleure gestion de soi.

Pour le troisième article, voir partie 3 : Cas pratique de pression et solutions

Bruno Ouellette
[email protected]

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