Partie 1: Comprendre la pression
Série de 3 articles qui explore la psychologie de la performance des athlètes et les notions de pression, stress et d'anxiété de performance. Les 6 sources de pression seront présentées et quelques pistes de solutions vous serons partagées. Coach mental, préparateur mental et psychologue sportif.
Première partie : Distinguer entre pression, stress et anxiété chez l’athlète
À Montréal, la ville vibre au rythme du hockey aujourd'hui, car c'est le grand retour de la saison du Canadien de Montréal. Les attentes sont stratosphériques : pour certains joueurs, les conséquences d'une mauvaise séquence ou d'une contre-performance pourraient signifier leur départ. Les médias sont partout, et le sujet de conversation incontournable dans les rues de Montréal, c'est le Tricolore — et certainement pas les élections du 5 octobre 2026. Si le club gagne, les journalistes diront qu’ils sont plus matures et gèrent bien la pression. Si le club perd, les fans diront que c’est difficile de jouer avec la pression de Montréal.
Dans une entrevue que j’ai fait sur les ondes de RDI le 7 mai 2026 pendant la fièvre des séries éliminatoire et les performances de Jakob Dobes, j’ai abordé le thème de la pression, du stress et de l’anxiété de performance.
- Je mentionne l’importance de l’équipe et du soutien de son entourage pour mieux gérer les attentes et la pression
- L’approche de Dobes est celle d’un compétiteur qui veut gagner mais se concentre sur le jeu. Il a appris a focaliser son attention sur la rondelle et l’action. En psychologie du sport, on mentionne souvent l’importance de metter l’accent sur ce que l’on contrôle.
- Dobes est beaucoup dans l’humilité. Il ne se met pas de pression supplémentaire en mentionnant qu’il est meilleur que les autres. Il reconnait l’excellence des autres et adopte une posture d’humilité. Cela a pour effet de diminuer la pression et surtout d’éviter les comparaisons directe avec les autres.
- Pour Dobes, le stress un allié et il ne perçoit pas la performance comme une menace. IL utilise donc son énergie pour se concentrer et garder les buts.
- Dobes aborde chaque match comme une septième partie. Il se prépare avec rigueur chaque jour et pour chaque match. Il a une routine d’avant match bien établie.
Pour plus de détail vous pouvez écouter mes propos et ceux de Dobes après la victoire contre Tampa Bay en première ronde des séries éliminatoire de la LNH
La pression n’est pas toujours un privilège
Si vous suivez régulièrement l'actualité sportive, vous avez certainement entendu cette formule consacrée qui suggère que, pour les grands athlètes, la pression est un privilège. C'est la championne de tennis Billie Jean King qui a prononcé spontanément ces mots en 2000, alors qu'elle était capitaine de l'équipe de la Fed Cup pour les États-Unis. C'est aussi le titre de son livre publié en 2008, Pressure is a Privilege. C'est une idée souvent reprise par les entraîneurs et les journalistes sportifs pour faire passer le message que les meilleurs s'ajustent à la pression. Dans le monde du sport de haut niveau, il reste d'ailleurs souvent tabou d'admettre que l'on panique ou que l'on « choke » sous les projecteurs.
Dans ce premier article de ma courte série (3 articles) sur l'athlète sous pression, nous allons explorer la nature de la pression et son impact direct sur la performance. Je vais aussi vous donner un exemple concret avec un jeune joueur de hockey fictif qui aurait certainement pu être client. Cette série d'articles est en lien direct avec un atelier gratuit que je présenterai sur Zoom le 8 octobre prochain : L'athlète sous pression : vaincre le stress et l'anxiété de performance ://luma.com/bruno-3273
Avant d'aller plus loin, il importe de bien distinguer trois concepts fondamentaux et leurs définitions.

Quelques définitions essentielles
La pression :
Un phénomène neutre et subjectif, influencé par nos perceptions. C'est l'ensemble des forces externes et internes qui s'exercent sur nous. Gilbert Enoka, préparateur mental des All Blacks de la Nouvelle-Zélande, suggère que la pression est le reflet direct de l'importance que l'on accorde à un moment. C'est l'intensité créée par l'écart entre l'objectif visé et les attentes externes.
Le stress :
Selon Sonia Lupien, c'est une réponse biologique qui mobilise notre énergie pour faire face à un défi ou à une menace selon la situation. Elle se caractérise par la sécrétion d'hormones — comme le cortisol et l'adrénaline — qui se déclenche chaque fois qu'un individu perçoit une tension, une pression ou une menace. Nos perceptions et nos interprétations influencent directement cette réponse.
L’anxiété de performance :
L'anticipation craintive de ce qui pourrait arriver dans le futur, marquée par la crainte ou l'inquiétude de faire une erreur, de l'échec ou de ne pas réussir. C'est l'attente d'une évaluation négative dans une situation où l'individu doit faire ses preuves, caractérisée par des ruminations mentales négatives.
La suite dans la partie 2 de la série sur la pression, le stress et l'anxiété de performance
Bruno Ouellette
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